Les 10 erreurs les plus fréquentes dans la préparation d'un marathon
Préparer un marathon ne se résume pas à accumuler des kilomètres. C'est une distance longue, exigeante et très honnête : si tu arrives mal préparé, si tu as couru sans structure ou si tu as confondu régularité et excès, la course finit toujours par te le rappeler.
Le marathon ne pardonne pas l'improvisation.
Mais il ne faut pas en avoir peur pour autant. Avec une préparation bien construite, assez de repos, du renforcement, une stratégie et de la lucidité, il peut devenir l'une des expériences les plus fortes qu'un coureur puisse vivre.
Le problème, c'est que beaucoup de coureurs amateurs répètent les mêmes erreurs. Certaines paraissent minimes pendant la préparation, mais au kilomètre 30 elles se transforment en un mur énorme.
Voici les 10 erreurs les plus fréquentes dans la préparation d'un marathon et, surtout, comment les éviter. Si tu as un marathon d'automne au calendrier, comme le Marathon de Málaga, c'est le moment de les passer en revue.
Préparer le marathon dans l'urgence
L'une des erreurs les plus courantes : s'inscrire à un marathon trop près de la date en se disant « je vais bien réussir à caser les kilomètres ».
Mauvaise idée.
Un marathon demande une base préalable. La motivation, de bonnes chaussures et l'envie de souffrir ne suffisent pas. Pour arriver au départ avec des garanties, l'idéal est de sortir d'une période où tu cours déjà régulièrement et où tu as assimilé un certain volume hebdomadaire.
Pourquoi c'est un problème
Si tu pars de très bas et que tu veux atteindre 42 km en quelques semaines, il faut s'attendre à :
- Des surcharges.
- Des douleurs aux mollets, au soléaire, au genou ou à la hanche.
- Une fatigue permanente.
- Des sorties longues mal assimilées.
- L'impression de toujours « éteindre des incendies ».
Comment l'éviter
Pour un premier marathon, une préparation spécifique de 16 à 20 semaines est en général raisonnable, à condition d'avoir déjà une base minimale. Si tu ne cours pas encore confortablement un 10K ou un semi-marathon, le plus intelligent est de construire d'abord cette marche.
Le marathon ne commence pas le jour de ta première sortie longue. Il commence des mois plus tôt, quand tu décides de préparer ton corps à encaisser la charge.
Sous-estimer la distance
Le marathon, ce n'est pas « deux semi-marathons ». C'est autre chose.
Jusqu'au kilomètre 25 ou 30, tu peux avoir l'impression que tout reste sous contrôle. Le problème, c'est que la vraie course commence souvent quand l'usure s'est déjà accumulée.
Pourquoi c'est une erreur
Beaucoup de coureurs arrivent au marathon en pensant que, puisqu'ils ont bouclé un semi, il suffit de « tenir un peu plus longtemps ». Mais le marathon met en jeu des facteurs qui pèsent moins sur des distances plus courtes :
- L'épuisement du glycogène.
- Les dommages musculaires accumulés.
- La fatigue mentale prolongée.
- L'hydratation et la nutrition en course.
- La gestion de l'allure pendant plus de 3, 4 ou 5 heures.
Comment l'éviter
Respecte la distance dès le départ.
Cela ne veut pas dire en avoir peur, mais la préparer sérieusement :
- Des sorties longues bien planifiées.
- Des allures réalistes.
- Une nutrition testée.
- Du renforcement en complément.
Sur marathon, arriver humble fonctionne en général mieux qu'arriver trop confiant.
Courir toutes les sorties longues trop vite
La sortie longue est une pièce maîtresse de l'entraînement marathon, mais beaucoup de coureurs en font une compétition hebdomadaire.
Chaque dimanche, ils sortent pour prouver qu'ils sont en forme. Et forcément, certaines semaines ça passe. Mais ensuite arrivent les douleurs, la fatigue et les séances de qualité faites avec des jambes mortes.
Pourquoi c'est un problème
La sortie longue doit construire ton endurance, pas te détruire.
Si chaque sortie longue se termine comme si tu avais couru une course, tu accumules trop de fatigue et tu dégrades la qualité du reste de la semaine.
Comment l'éviter
La plupart des sorties longues devraient se courir à une allure confortable et contrôlée, nettement sous l'allure de compétition. Si tu as du mal à repérer cette allure, apprends à courir aux sensations avec le RPE.
Tu peux intégrer des blocs à allure marathon à certaines phases, mais pas toujours, pas dès le début et pas chaque semaine.
Une bonne sortie longue doit te laisser fatigué, oui, mais fonctionnel. Elle ne devrait pas t'obliger à te traîner pendant trois jours.
Ne pas entraîner sa nutrition en course
Sur un 5K ou un 10K, tu peux te permettre d'improviser. Sur marathon, non.
L'alimentation pendant la course fait partie de l'entraînement. Si tu ne testes pas les gels, les pastilles de sel, l'eau ou la boisson isotonique avant le jour J, tu joues à la roulette.
Erreurs habituelles
- Essayer un gel pour la première fois en course.
- Prendre moins de glucides que nécessaire.
- Boire trop tard.
- Boire beaucoup d'un coup.
- Ne pas entraîner son estomac.
- Se dire « je mangerai quand j'aurai faim ».
Sur marathon, quand tu as faim, il est déjà trop tard.
Comment l'éviter
Pendant les sorties longues, répète exactement ce que tu feras en course :
- Quel gel tu prendras.
- À quelle fréquence.
- Avec quelle quantité d'eau.
- Si tu utiliseras des pastilles de sel.
- Quel petit-déjeuner te convient.
- Ce que ton estomac tolère en courant.
Une règle courante sur marathon consiste à prendre des glucides de façon régulière toutes les 30 à 40 minutes, mais elle doit s'ajuster à ta tolérance, à ton allure et à la durée prévue.
La règle est simple : rien de nouveau le jour de la course.
Négliger le renforcement musculaire
Beaucoup de coureurs pensent que pour courir plus, il suffit de courir plus. Erreur classique.
Le renforcement n'est pas un supplément esthétique. C'est un outil pour mieux encaisser les impacts, garder sa technique quand la fatigue arrive et réduire le risque de blessure.
Ce qui arrive si tu ne fais pas de renforcement
À mesure que les kilomètres augmentent, le corps révèle ses faiblesses :
- Hanche instable.
- Genoux qui s'effondrent.
- Mollets surchargés.
- Ischio-jambiers tendus.
- Bas du dos chargé.
- Technique qui se dégrade en fin de sortie longue.
Comment l'éviter
Intègre 1 ou 2 séances de renforcement par semaine, surtout dans la première partie de la préparation.
Priorise :
- Les squats.
- Les fentes.
- Le soulevé de terre roumain.
- Les mollets.
- Le pont fessier ou hip thrust.
- Le gainage anti-rotation.
- Le travail du pied et de la cheville.
Les côtes sont par ailleurs une forme de renforcement très spécifique pour les coureurs.
Pas besoin de devenir haltérophile. Il faut construire un corps capable de tenir 42 km.
Enchaîner trop de jours intenses
Autre erreur classique : fractionné le mardi, côtes le jeudi, sortie longue rapide le dimanche et musculation lourde entre les deux.
Ce n'est pas s'entraîner mieux. C'est accumuler du stress.
Pourquoi c'est dangereux
Le corps a besoin d'alterner charge et récupération. Si chaque séance est exigeante, tu n'assimiles jamais.
Le résultat est en général :
- De la stagnation.
- Une fatigue chronique.
- Un manque de fraîcheur.
- Des douleurs récurrentes.
- De mauvaises performances sur les séances importantes.
Comment l'éviter
En préparation marathon, il suffit normalement de :
- 1 séance de qualité par semaine.
- 1 sortie longue.
- Le reste en footings faciles et travail complémentaire.
Certaines semaines peuvent contenir deux stimulus exigeants, mais ils doivent être bien placés et adaptés au niveau du coureur.
Mon avis est clair : la plupart des coureurs amateurs n'échouent pas parce qu'ils s'entraînent trop peu, mais parce qu'ils s'entraînent trop souvent à intensité moyenne-haute. Ils vivent dans une zone grise où ils ne récupèrent pas, mais où ils ne travaillent pas non plus la vraie qualité.
Ignorer le repos
Le repos n'est pas ce que tu fais quand tu ne peux pas t'entraîner. Il fait partie du plan.
Si tu t'entraînes dur mais que tu dors mal, que tu manges peu et que tu n'as aucun jour facile, tu construis sur une base fragile.
Signes d'une mauvaise récupération
- Des footings faciles qui semblent durs.
- Une fréquence cardiaque plus haute que d'habitude.
- Des jambes lourdes dès l'échauffement.
- De l'irritabilité.
- Un mauvais sommeil.
- Un manque de motivation.
- Des douleurs qui ne partent jamais complètement.
Comment l'éviter
Planifie le repos comme tu planifies le fractionné.
- 1 vraie journée de repos par semaine peut être très utile.
- Toutes les 3 ou 4 semaines, place une semaine plus légère.
- Après une sortie longue difficile, n'enchaîne pas trop vite avec de la qualité.
- Dors autant que tu peux.
- Mange suffisamment.
Se reposer ne te fait pas perdre ta forme. Ça te permet de la montrer.
Ne pas avoir de stratégie d'allure claire

Partir « aux sensations » peut convenir si tu as beaucoup d'expérience. Mais sur un premier marathon, partir sans stratégie pose généralement problème.
L'allure marathon doit être réaliste, pas émotionnelle.
Erreur habituelle
Arriver sur la ligne de départ avec une idée du type : « Je vais essayer de tenir 5:00/km et on verra bien ».
Mais si cette allure n'est pas confirmée par tes entraînements, le marathon te le rappellera.
Comment l'éviter
Définis :
- Ton allure objectif.
- Ton allure de repli.
- Ton plan pour les 10 premiers kilomètres.
- Quoi faire s'il fait chaud ou s'il y a du vent.
- Quoi faire si au km 25 tu es déjà juste.
- À partir de quel moment tu peux accélérer si tout va bien.
Une bonne stratégie pourrait être :
- Km 0 à 10 : contrôle absolu.
- Km 10 à 25 : allure stable.
- Km 25 à 35 : concentration et nutrition.
- Km 35 à 42 : courir avec ce qu'il reste.
Le marathon se court avec les jambes, oui. Mais il se sauve avec la tête.
Étrenner du matériel le jour de la course
Ça paraît évident, et pourtant ça arrive encore.
Chaussures neuves. Chaussettes neuves. Maillot neuf. Gel inconnu. Petit-déjeuner inhabituel. Ceinture neuve. Vaseline oubliée. Montre non configurée.
Sur marathon, le moindre détail peut devenir un énorme problème.
Ce qui peut mal tourner
- Des frottements.
- Des ampoules.
- Des maux d'estomac.
- Une ceinture qui rebondit.
- Un maillot qui irrite.
- Une chaussette qui plisse.
- Un gel que tu ne tolères pas.
- Une montre sans batterie.
Comment l'éviter
Tout doit être testé avant :
- Des chaussures avec assez de kilomètres.
- Des vêtements portés en sortie longue.
- Des gels répétés à l'entraînement.
- Un petit-déjeuner testé plusieurs fois.
- Une stratégie d'hydratation éprouvée.
- Une montre configurée.
Le jour du marathon, on n'expérimente pas. On exécute.
Préparer son marathon seul sans demander d'aide

On peut préparer un marathon seul. Bien sûr. Un groupe de course t'apporte déjà de la structure, de la compagnie et de la motivation.
Mais si c'est ton premier marathon, si tu sors de blessure ou si tu ne sais pas organiser charges, allures, renforcement et repos, un accompagnement professionnel peut faire une énorme différence.
Pourquoi demander de l'aide peut tout changer
Un professionnel peut t'aider à :
- Définir un objectif réaliste.
- Ajuster tes allures d'entraînement.
- Bien placer les sorties longues et les semaines de décharge.
- Intégrer le renforcement sans en faire trop.
- Préparer ta nutrition et ton hydratation.
- Éviter les erreurs classiques.
- Arriver au jour J avec moins de doutes.
Une équipe spécialisée, comme Cardenasports, peut adapter le processus à ton niveau, à ton agenda, à ton historique et à ton véritable objectif.
Parce que le meilleur plan n'est pas le plus dur. C'est celui que tu peux tenir, assimiler et exécuter.
Bonus : les signes que tu es sur la bonne voie
Tout ne doit pas être épique dans une préparation. En réalité, beaucoup de bons signaux sont plutôt discrets :
- Tu finis tes footings faciles avec de la marge.
- Les sorties longues te fatiguent, mais ne te détruisent pas.
- Tu récupères bien entre les séances.
- Tu n'as pas de douleurs persistantes.
- Ton allure facile s'améliore petit à petit.
- Tu sais quoi manger et boire en course.
- Ton allure objectif est claire.
- Tu arrives à la dernière semaine avec l'envie de courir, pas l'envie que tout se termine.
Si tout ton plan repose sur la survie, quelque chose cloche. Si ton plan te permet de construire semaine après semaine, tu es bien parti. Et si les nerfs montent dans cette dernière semaine, voici comment gérer le stress avant une course.

Conclusion : le marathon récompense la patience
Le marathon est une distance particulière parce qu'on ne peut pas facilement la tromper. Il exige de la régularité, de l'humilité, de la stratégie et la capacité d'écouter son corps.
Les erreurs les plus fréquentes ne viennent pas d'un manque de motivation, mais d'un excès de précipitation :
- Vouloir y arriver trop vite.
- S'entraîner trop fort.
- Se reposer trop peu.
- Partir trop courageux.
- Trop improviser le jour important.
Bien préparer un marathon ne consiste pas à souffrir plus que les autres. Il s'agit d'arriver au jour de la course avec le travail fait, le corps prêt et la tête en place.
Parce que sur marathon, l'épopée n'est pas de se détruire à l'entraînement. Elle est d'arriver entier au kilomètre 35 et de pouvoir encore courir avec du sens.
Entraîne-toi avec patience. Récupère avec intelligence. Cours avec la tête.